Dysfonctionnements au Ministère du Commerce : le service en ligne dénoncé comme un simple bluff
En Haïti, plusieurs entrepreneurs et usagers dénoncent de plus en plus les difficultés rencontrées au sein du Ministère du Commerce et de l’Industrie d’Haïti (MCI). Selon des témoignages recueillis sur le terrain, l’institution censée accompagner le développement du secteur commercial serait aujourd’hui devenue un espace marqué par la lenteur administrative et le manque de considération envers les citoyens.
D’après Judith Pierre, l’une des rédactrices les plus performantes de notre rédaction, le système de service en ligne récemment présenté par le ministre James Monazard ne fonctionnerait pas comme annoncé. Selon elle, la plateforme ne permettrait en réalité que de déposer une demande, sans offrir la possibilité de compléter la procédure à distance. Toujours selon notre collaboratrice, les usagers sont ensuite obligés de se rendre physiquement au bureau du ministère situé à Catalpa afin de récupérer ou finaliser leur dossier. Une situation qui provoque frustration et incompréhension chez de nombreux entrepreneurs.
Sur place, le constat serait préoccupant : plusieurs directeurs d’entreprises et entrepreneurs attendraient pendant des heures, debout, dossiers en main, souvent sous le soleil, dans l’espoir qu’un employé appelle les dossiers provenant de la « plateforme ». Mais même lorsque le dossier est finalement pris en charge, rien ne garantit que la démarche est terminée.
Dans certains cas, les demandeurs seraient renvoyés pour refaire une lettre, corriger un détail administratif ou parce que leur demande serait déjà enregistrée dans le système. Ce processus oblige souvent les entrepreneurs à effectuer plusieurs déplacements, ce qui ralentit considérablement leurs activités.
Notre collaboratrice rapporte également que lorsque le ministre est présent dans les locaux, ralentirait encore davantage les services. Un système déjà critiqué pour sa lenteur deviendrait alors, selon plusieurs usagers, encore plus difficile à supporter.
Pourtant, dans plusieurs interventions médiatiques, le ministère dirigé par James Monazard présente une image différente, affirmant que l’amélioration des services aux entrepreneurs constitue une priorité. Cette divergence entre le discours officiel et l’expérience vécue par les usagers soulève des interrogations sur la réalité du fonctionnement de l’institution.
Dans un pays où l’entrepreneuriat est souvent présenté comme un moteur essentiel de développement économique, plusieurs acteurs du secteur estiment qu’une réforme profonde des services administratifs s’impose. Ils appellent à la mise en place de véritables plateformes numériques efficaces, capables de réduire les déplacements inutiles et de traiter les dossiers avec rapidité et transparence.
En attendant de possibles améliorations, de nombreux entrepreneurs continuent de faire face à une bureaucratie lourde, qui complique davantage un environnement économique déjà fragile

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