Il n’y aura pas d’élections sans sécurité ni gouvernement crédible en Haïti
Alors que le Conseil Électoral Provisoire (CEP) annonce la tenue d’élections dans quelques mois, la population haïtienne reste sceptique et profondément inquiète. Le pays traverse l’une des pires crises sécuritaires de son histoire récente, marquée par la montée en puissance des gangs armés, l’insécurité généralisée et l’effondrement des institutions publiques.
Dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince et dans certaines régions du pays, des milliers de familles ont été forcées d’abandonner leurs maisons à cause des attaques et affrontements armés. Les citoyens vivent dans la peur quotidienne, sans protection, sans accès à la justice, et sans confiance dans les autorités de l’État.
Malgré ce climat explosif, le CEP affirme vouloir organiser des élections. Une décision qui soulève de nombreuses questions :
À qui profiteraient réellement ces élections ?
Seraient-elles organisées pour la population haïtienne, ou pour satisfaire les exigences diplomatiques des ambassades étrangères, notamment celles des États-Unis et d’autres partenaires internationaux ?
La majorité des citoyens, pour leur part, estiment qu’aucune élection crédible ne peut avoir lieu sans un minimum de stabilité, de sécurité et de confiance. « Avant de parler d’élections, il faut parler de sécurité, de justice et de gouvernance responsable », déclarent plusieurs organisations de la société civile.
Les appels se multiplient pour la mise en place d’un gouvernement de transition crédible, capable de rétablir la sécurité, de renforcer les institutions et de créer les conditions nécessaires à un véritable scrutin démocratique.
Car tant que les balles remplaceront les bulletins, tant que les bandits domineront les rues et tant que la misère étouffera les voix du peuple, toute élection en Haïti ne sera qu’une mascarade démocratique, sans légitimité et sans espoir de changement réel.

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