Mirbalais sous le contrôle des gangs : une ville paralysée, des services essentiels en crise




Par : Borgelas Edouard Olivier 

Depuis plus de six mois, la ville de Mirbalais, située dans le département du Centre, est envahie et contrôlée par des gangs armés. Cette situation a provoqué une crise humanitaire, sécuritaire et institutionnelle sans précédent, touchant l’ensemble de la population et les infrastructures critiques de la ville.

L’Hôpital Université de Mirbalais, l’un des principaux centres de santé de la région, accueille des médecins venus de Cuba et du Mexique. Depuis l’invasion des gangs, l’établissement est partiellement paralysé, les services essentiels sont interrompus et le personnel médical travaille dans des conditions extrêmes. Les patients, notamment ceux nécessitant des soins urgents, sont confrontés à des difficultés pour accéder aux traitements. La situation de l’hôpital illustre l’impact direct de l’insécurité sur la santé publique et sur la capacité de répondre aux besoins médicaux de la population.

Le secteur des médias locaux a également été gravement affecté. Radio Panique FM, l’une des stations les plus écoutées de Mirbalais, a été prise d’assaut par les gangs. Le matériel de la station a été entièrement saisi et détourné, et la station a été rebaptisée “Taliban FM”. Malgré cette situation, Conatel, l’autorité nationale des télécommunications, n’a jamais suspendu ni fermé la station, permettant ainsi aux gangs de diffuser leurs messages et de contrôler l’information dans la ville. Cette absence de régulation renforce le pouvoir des gangs et limite la capacité de la population à recevoir des informations fiables.

La population de Mirbalais vit désormais dans une situation de déplacement forcé. De nombreux habitants ont été contraints de quitter leurs maisons et de s’installer dans des camps de fortune, car leurs quartiers ont été occupés par les gangs. Ces camps improvisés témoignent de la vulnérabilité des citoyens et de la défaillance de l’État à assurer la sécurité et la protection de ses citoyens.
En parallèle, le centre électrique de Mirbalais, vital pour l’alimentation en énergie de la ville et de plusieurs départements voisins, a été pris en otage et saccagé par les gangs. Les coupures d’électricité touchent non seulement Mirbalais mais aussi Port-au-Prince et d’autres villes dépendantes de ce réseau, paralysant les activités économiques et accentuant le sentiment d’insécurité. Selon certaines sources locales, une partie de la population a volontairement coupé le courant, dans un geste de pression pour que l’État intervienne et rétablisse la sécurité dans la ville.


Cette situation globale,sécurité, santé, médias et énergie, illustre l’ampleur du contrôle des gangs sur Mirbalais et l’incapacité de l’État à protéger les citoyens et les infrastructures essentielles. Elle met également en évidence les risques accrus pour les journalistes et les travailleurs humanitaires qui tentent de couvrir la situation, face à la violence et à l’impunité des groupes armés.

L’urgence est désormais de restaurer la présence de l’État, rétablir les services essentiels et garantir la sécurité de la population, afin que Mirbalais puisse retrouver un minimum de normalité et que les habitants puissent retourner dans leurs foyers en toute sécurité.

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