Quand le pouvoir mise sur la communauté internationale, le peuple haïtien exige la rupture : le dilemme d'Alix Didier Fils-Aimé



Pour le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, une partie de l'espoir national semble aujourd'hui reposer sur la communauté internationale. Une position qui contraste fortement avec l'héritage de Jean-Jacques Dessalines, symbole de souveraineté et d'indépendance.  


Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, le chef du gouvernement a multiplié les appels en faveur d'un renforcement urgent du dispositif international contre les gangs armés. Il a insisté sur la nécessité d'un soutien logistique et opérationnel accumulé, affirmant que la sécurité demeure la condition essentielle à toute relance nationale.  


Sur le terrain, les autorités évoquent certaines avancées, notamment grâce aux actions combinées des forces nationales et aux premières initiatives liées à la future force anti-gangs. Cependant, ces progrès restent fragiles et soulèvent une question de fond : la dépendance croissante à l'appui extérieur met-elle en évidence l'incapacité structurelle de l'État haïtien à garantir, seul, la sécurité de ses citoyens ?  


Dans ce contexte, la force anti-gangs apparaît comme une réponse immédiate à une crise urgente, mais aussi comme le reflet d'une faiblesse institutionnelle persistante. Peut-on réellement stabiliser le pays sans s'attaquer aux causes profondes de l'insécurité, telles que la corruption, l'impunité et l'absence de gouvernance efficace ?  


Par ailleurs, plusieurs acteurs de la société civile mettent en garde contre une approche strictement sécuritaire. Ils plaident pour une stratégie plus globale, intégrant des réformes sociales, économiques et judiciaires, capables de réduire durablement l'influence des groupes armés.  


En définitive, derrière les discours officiels et les appels pressants à l'aide internationale, une réalité s'impose : la crise haïtienne ne pourra être résolue sans une refondation profonde de l'État, de ses institutions et de ses priorités.

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